Le voyage transfrontalier : l'étude de la CCE (Tracking Dioxins) Si les impacts locaux sont préoccupants, l'étude de la Commission de coopération environnementale (CCE/CEC) menée sous la direction du biologiste Barry Commoner démontre que la pollution aux dioxines ne connaît pas de frontières.
Le trajet vers le grand Nord En modélisant plus de 44 000 sources d'émissions aux États-Unis, au Canada et au Mexique (incinérateurs municipaux, incinérateurs de déchets médicaux, cimenteries, usines de papier), les chercheurs ont retracé le parcours atmosphérique des dioxines. L'étude a prouvé que des "bouffées" de dioxines émises au cœur de l'Amérique du Nord voyageaient sur des milliers de kilomètres pour venir se déposer dans le territoire arctique du Nunavut.
Une fois déposées dans l'écosystème arctique, les dioxines — lipophiles (solubles dans les graisses) et extrêmement stables — s'accumulent dans les graisses des animaux marins (poissons, phoques, baleines). Les communautés autochtones de l'Arctique, dont le régime alimentaire repose sur la chasse et la pêche traditionnelles, se retrouvent ainsi exposées à des concentrations de dioxines paradoxalement plus élevées que celles mesurées près de certaines zones d'émission.