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Le professeur Charles Swanton est également le clinicien en chef de Cancer Research UK.
Ses travaux ont révolutionné notre compréhension de l'évolution des tumeurs, mais c'est sa découverte récente sur le cancer du poumon chez les non-fumeurs qui a marqué un tournant historique dans la médecine.
Sa découverte majeure : Le rôle de la pollution de l'air Pendant longtemps, le dogme scientifique voulait que le cancer soit causé par des agents externes (comme la fumée de tabac ou les UV) qui endommagent directement l'ADN en créant des mutations. Cependant, cela n'expliquait pas pourquoi des non-fumeurs développaient des cancers du poumon sans dommages génétiques apparents liés à des toxines.
En 2022, Charles Swanton et son équipe ont présenté des résultats (publiés dans Nature) qui expliquent ce "chaînon manquant" :
Le modèle du "réveil" des cellules Swanton a démontré que nous portons tous naturellement, en vieillissant, des cellules avec des mutations cancéreuses latentes (notamment sur le gène EGFR) dans nos poumons. Ces cellules sont normalement saines et inactives.
L'inflammation comme déclencheur La pollution de l'air, et plus précisément les particules fines PM2,5, ne provoque pas de nouvelles mutations. À la place, elles provoquent une inflammation chronique dans les poumons.
Cette inflammation attire des cellules immunitaires (macrophages).
Ces macrophages libèrent une protéine inflammatoire appelée Interleukine-1 bêta (IL-1β).
L'IL-1β agit comme un "interrupteur" qui réveille les cellules mutées dormantes, les incitant à se multiplier et à former une tumeur.
Changement de paradigme : On sait désormais qu'un cancer peut être déclenché par un irritant environnemental sans que celui-ci ne modifie directement l'ADN. C'est le retour en force de la théorie de la "promotion" des tumeurs (l'idée qu'un environnement inflammatoire favorise la croissance de mutations préexistantes).
Charles Swanton a prouvé que la pollution de l'air "réveille" des gènes cancéreux que nous avons déjà en nous, expliquant ainsi pourquoi des milliers de non-fumeurs développent cette maladie chaque année.
