Le projet de la nouvelle centrale thermique de Vitry-sur-Seine, baptisé Thermo-sur-Seine (développé pour le réseau de chauffage urbain parisien), est l'un des plus importants projets énergétiques d'Île-de-France.
Bien que présenté par la Ville de Paris et les opérateurs comme un levier indispensable de décarbonation, Stop Enfumage et le collectif 3R, des associations locales (comme ACID-Vitry) et de nombreux riverains dénoncent un « incinérateur déguisé » et une aberration écologique et sanitaire.
1 le projet
Le projet Thermo-sur-Seine prévoit l'implantation d'une gigantesque unité de production d'énergie thermique sur le terrain de l'ancienne centrale thermique EDF de Vitry-sur-Seine :
Un investissement colossal : Un budget global de près de 1,2 milliard d'euros (dont environ 1 milliard consacré au site de Vitry et 200 millions pour une plateforme fluviale à Ris-Orangis).
La technologie : Trois lignes de combustion d'une puissance de 111 MW chacune (soit 333 MW au total), complétées par des chaudières électriques et des pompes à chaleur.
Les combustibles : L'installation fonctionnera en brûlant du Bois-B (bois de récupération issu du bâtiment, de déchetteries ou du mobilier) et des CSR (Combustibles Solides de Récupération, issus des refus de tri de déchets).
L'objectif affiché : Produire environ 1,6 TWh de chaleur par an pour chauffer l'équivalent de 200 000 logements raccordés au réseau de chaleur parisien et remplacer l'usage du gaz fossile.
2. Un contre sens écologique, territorial et sanitaire
2.1. Un "greenwashing" qui masque un incinérateur de plastiques et de produits chimiques Présenter cette usine comme de la « biomasse » ou de la « transition énergétique » est une tromperie :
Les CSR sont composés à grande échelle de plastiques non recyclables (dérivés du pétrole) et de résidus synthétiques.
Le Bois « B » n'est pas du bois de forêt : il s'agit de bois industriels saturés de vernis, peintures, colles au formaldéhyde, résines et traitements chimiques.
En réalité, brûler des CSR et du bois-B revient à incinérer des déchets dangereux et des plastiques en plein cœur de la métropole.
2.2. Une injustice territoriale : La banlieue polluée pour chauffer la capitale Le projet cristallise une'iniquité géographique :
Paris bénéficie de la chaleur, tandis que le Val-de-Marne subit la pollution et les nuisances.
Rajouter cette centrale à Vitry-sur-Seine revient à transformer la banlieue sud en zone de relégation environnementale.
2.3. Un risque sanitaire majeur en zone urbaine ultra-dense
L'usine doit s'implanter au milieu d'un bassin de vie de plusieurs centaines de milliers d'habitants (Vitry, Alfortville, Ivry) :
La combustion de bois traités et de plastiques libère dans l'atmosphère des métaux lourds, des microparticules, des dioxines/furanes, des COV et potentiellement des PFAS (« polluants éternels »).
Les contrôles continus en cheminée ne mesurent qu'un nombre très restreint de polluants et négligent la bioaccumulation des toxines dans la santé des riverains.
Au-delà des débats énergétiques, le projet Thermo-sur-Seine représente avant tout une menace sanitaire directe et préoccupante pour la population. Pour le Collectif 3R et Stop Enfumage, autoriser la combustion quotidienne de centaines de tonnes de bois chimiques et de plastiques toxiques au milieu d'une zone urbaine ultra-dense relève de l'irresponsabilité. En imposant aux riverains le risque de respirer quotidiennement des métaux lourds, des dioxines et des microparticules toxiques, ce projet sacrifie sciemment la santé publique et la qualité de l'air de la banlieue parisienne sous couvert de fournir du chauffage à la capitale.
